Une petite lecture de l'avant-propos de cette section, c'est toujours utile.

Gorges du Guiers Mort

Vous qui êtes de passage dans nos montagnes et qui chercher de quoi sustenter votre appareil photo, je vous emmène dans le massif préalpin de la Chartreuse et plus exactement dans les gorges du Guiers Mort.

Le Guiers Mort est une rivière qui prend sa source au pied de la Dent de Crolles, sommet emblématique de la Chartreuse, et traverse le massif d’est en ouest pour retrouver la plaine au niveau de Saint-Laurent-du-Pont. Au passage cette rivière a creusé de belles gorges dans la roche calcaire : les gorges du Guiers Mort. Pour être précis ces gorges se trouvent entre Saint-Laurent-du-Pont et Saint-Pierre-de-Chartreuse :

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La partie comportant un sentier aménagé et donc facilement accessible (et en toute sécurité) se situe plus précisément entre le Pont de Saint-Bruno et le Pic de l’Oeillette :

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Si l’on s’en tient purement au tracé du sentier c’est une balade tout à fait facile, courte : 2,5 km pour 110 m de dénivelé. De plus il est bien balisé par des marques bleues en forme de poisson. Il est donc accessible à quasiment n’importe quel photographe sachant mettre un pied devant l’autre et marcher sur un sentier.

Mais dans ces gorges l’intérêt est justement de ne pas rester sagement sur le sentier ! La rivière a taillé des formes improbables dans ces gorges, façonné des cascades et jeté des centaines de blocs dans le lit du torrent. Il serait dommage de ne les voir que de loin.

Dans ce cas attention ! Les gorges de par leur configuration de gorges sont constamment humides… et donc les rochers aussi. Et qui dit humidité dit mousses en tout genre. Du coup ça glisse. Pour aller chercher les plus beaux points de vue il vous faudra à coup sûr crapahuter sur les rochers et/ou les troncs d’arbre et donc vous exposer à un danger de chute. A vous d’être responsable de vos pieds et de vos capacités : sachez ne pas aller trop loin. Bref, ça se fait mais faites gaffe !

Et quand on a dit tout ça on peut retenir que c’est une balade toute indiquée en été, pour aller chercher la fraîcheur, en emmenant vos enfants.

Rentrons maintenant dans le vif du sujet du jour : les possibilités photographiques du lieu.

Quelques centaines de mètres après le départ du sentier, au Pont de Saint-Bruno, le sentier va passer de la rive gauche de la rivière à la rive droite en empruntant le Pont Peirant qui surplombe probablement la partie la plus impressionnante des gorges (qui est accessoirement l’ancien pont naturel).

Lorsque le temps n’est pas trop humide (car là le danger est important), je vous conseille de partir à gauche, dans la forêt : le terrain en sous-bois, pentu, termine sur de belles dalles calcaires donnant sur une partie très étroite des gorges. La chute est ici interdite : non seulement il y a quelques mètres d’à pic mais de plus le débit de la rivière peut être impressionnant. Néanmoins c’est la combinaison de ces deux facteurs qui fait l’intérêt de ce secteur. On retrouve d’ailleurs ça et là des traces d’anciens aménagements (marches en béton, rampes en acier).

La situation de ce premier spot impose très peu de recul et une marge de déplacement très réduite : un zoom (ultra-)grand-angle sera l’optique la plus facile à utiliser. Ici le minéral domine dans un environnement forestier.

Les formes des gorges ne sont pas faciles à appréhender photographiquement parlant mais lieu est impressionnant.

En remontant la rivière, toujours en rive gauche, vous allez arriver sur une zone rocheuse située en contre-bas du très photogénique Pont Peirant. Seul difficulté : réussir à ne pas mettre les pieds dans l’eau !

Rien que dans ce secteur il y a moyen d’y passer beaucoup de temps pour essayer différents cadrages, différentes vitesse selon le filé d’eau désiré, etc. Mais la suite vaut le coup aussi.

Remontez alors sur le sentier et vous allez avoir le choix entre continuer le sentier et rester en rive gauche. Cette dernière option est un cul-de-sac mais mène à une petite cascade très intéressante. Par contre il faut passer, pour y arriver une dalle assez lisse qui peut impressionner.

Sur la suite du parcours le sentier ne s’éloigne d’abord pas trop du torrent et permet d’accéder facilement à l’eau pour dénicher des vues intéressantes et faire de belles photos de rivière. Avec des couleurs d’automne bien avancée l’endroit est féerique.

Par la suite le sentier prend un peu d’altitude, domine l’eau et s’en éloigne pour mieux la rejoindre un peu plus loin. Sur tout le long vous ferez ce va-et-vient entre des zones en hauteur, dont certaines donnent de beau points de vue ;

et des zones proches du torrent permettant d’expérimenter ou de parfaire sa technique photographique de la pose lente (ou pas).

Au milieu du parcours quelques passerelles ajoutent une belle touche d’originalité à cet itinéraire qui plus est instructif. En effet le sentier comporte régulièrement des panneaux racontant les vies de ce torrent, depuis sa création et sa géologie en passant par les biotopes et les espèces rencontrées. Vous en apprendrez aussi beaucoup sur l’utilisation quasi intensive de cette eau torrentielle par les moines chartreux voisins pour faire fonctionner des forges voire de petites usines, dès le Moyen-Age.

Le sentier se termine près du Pic de l’Oeillette, au pied duquel on passe en voiture en venant de Saint-Pierre-de-Chartreuse. Mais là le torrent se calme, et se fait moins photogénique. Le retour s’effectue par le même chemin et vous permettra de vous arrêter pour profiter de la belle forêt de hêtres qui s’étend sur les deux rives. A l’automne vous y rencontrerez des champignons parfois bien sympathiques pour l’appareil photo, à défaut d’être commestibles.